A l'ouverture de la séance, la plénière a d'abord examiné et adopté le du projet de compte rendu sommaire de la séance plénière du mardi 10 décembre dernier. Les députés ont examiné et voté le projet de loi portant prorogation de l'état d'urgence dans la région de Diffa pour une période de trois mois allant de la période du 18 décembre 2018 au 17 mars 2019, conformément à la requête du Gouvernement. Peu après, ils ont fait le même exercice concernant le projet de loi portant prorogation de l'état d'urgence dans la région de Tillabéri (départements de Ouallam, Ayerou, Bankilaré, Abala, Banibangou, Say, Torodi et de Téra) et celle de Tahoua (département de Tassara et de Tillia). Tout comme le premier, pour une même période, allant du 18 décembre 2018 au 17 mars 2019 inclus.
L'objectif final de l'état d'urgence est la préservation de la sécurité publique dans la zone concernée. C'est pourquoi, en cas de nécessité, le Gouvernement procède régulièrement à sa prorogation tous les trois mois. Peu avant l'adoption de ces deux textes, les députés ont suivi la lecture de ces projets de loi, puis s'en est suivi le débat à l'issu duquel les présidents des groupes parlementaires ont tous appelé les membres de leurs groupes à voter en faveur de ces deux textes. En effet, ont-ils estimé, au vu de la récurrence et la persistance de l'insécurité et pour un souci du retour définitif de la paix, il est nécessaire d'accorder au gouvernement cette possibilité pour mieux gérer la situation. Par ailleurs, les députés ont salué et encouragé les efforts inlassables que déploie le gouvernement pour endiguer le phénomène, avant de l'inviter à agir davantage notamment au niveau des services sociaux de base, voire des soutiens spéciaux dans ces zones.
Après l'adoption de ces deux textes, le commissaire du Gouvernement, le ministre chargé des Relations avec les Institutions, M. Barkaï Issouf, a salué les parlementaires pour ce soutien apporté au Gouvernent à travers ce vote unanime. Pour ce qui est des inquiétudes soulevées par les députés, il a rassuré les élus que les Conseils régionaux de sécurité continueront à œuvrer pour faire face aux menaces. Par ailleurs, il a souligné que des progrès ont été enregistrés dans cette lutte car les ennemis n'attaquent plus frontalement nos Forces de Défense et de Sécurité. « Cela voudrait dire que leur capacité de nuisance est réduite. Ils opèrent à travers des actions isolées notamment les embuscades ou enlèvement des innocents » a-t-il dit.
Peu avant la levée de la séance, la Secrétaire parlementaire, Mme Amina Laouali Saminou a, au nom de ses homologues, lu deux déclarations relativement à l'interpellation du Premier ministre représenté par le ministre de la Défense nationale, M. Kalla Moutari sur la situation sécuritaire et celle du ministre des Domaines, de l'Urbanisme et du Logement, M. maman Wazir. Les travaux reprendront vendredi 14 décembre, toutefois, deux journées parlementaires sont prévues ce jeudi.
Déclaration de l'Assemblée nationale suite à l'interpellation du ministre de la Défense Nationale
En sa séance plénière du samedi 8 décembre 2018, l'Assemblée nationale a entendu le Ministre de la Défense nationale répondant à une interpellation d'un groupe de députés sur la situation sécuritaire et humanitaire très préoccupante dans la région de Diffa. Cette interpellation est faite conformément aux dispositions de l'article 117, alinéa 1er du Règlement intérieur de l'Assemblée nationale.
Le Commissaire du Gouvernement, en sa double qualité de Ministre de la Défense nationale et représentant de son homologue de l'Action Humanitaire et de la Gestion des Catastrophes, empêché, a répondu aux questions articulées autour des points suivants :
- La persistance des attaques et des enlèvements en dépit des efforts consentis par l'État ;
- Les dispositions prises pour retrouver et ramener les 39 femmes et filles de N'Guéléwa ainsi que les 15 jeunes filles enlevées près de Toumour ;
- Les mesures à prendre pour atténuer certains effets négatifs dus à l'état d'urgence, notamment du point de vue économique et des violations des droits humains ;
Les mesures que le Gouvernement compte prendre pour venir en aide aux populations victimes d'inondations ;
Les dispositions envisagées par le Gouvernement pour trouver de solutions durables à la récurrence des inondations dues au débordement des eaux de la Komadougou.
Après les réponses apportées par le Ministre et le débat qui s'en est suivi, l'Assemblée nationale est convaincue que la sécurité dans la région de Diffa passe inéluctablement par des actions concertées entre le Gouvernement et les partenaires multilatéraux, d'une part, et la forte implication des populations locales qui ne peut être obtenue qu'à travers la mise en œuvre d'une vraie stratégie de communication en vue d'une franche collaboration avec les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), d'autre part.
À l'issue du débat et des éclaircissements complémentaires fournis par le Ministre, il est apparu clairement que malgré :
- les énormes moyens déployés par l'État au titre de la sécurité, beaucoup d'efforts restent à fournir pour endiguer l'insécurité dans la région de Diffa ;
- la présence constante des Forces de Défense et de Sécurité et des forces amies dans la région, des attaques terroristes et des enlèvements des personnes contre rançon sont enregistrés ;
- les dispositions préventives prises, des inondations provoquées par les eaux de la Komadougou sont récurrentes, aggravant ainsi la situation humanitaire déjà précaire dans la région.
Aussi, préoccupée par la persistance des attaques et des enlèvements tous azimuts des femmes et enfants en dépit des efforts consentis par l'État, l'Assemblée nationale estime-t-elle qu'une nouvelle dynamique doit être impulsée afin que la sécurité règne partout au Niger, et particulièrement, dans la région de Diffa dont il est question ici.
Au regard de tout ce qui précède, l'Assemblée Nationale recommande au gouvernement de :
- Élaborer et mettre en œuvre une vraie stratégie de communication ayant pour objet d'amener les populations à améliorer leur collaboration avec les FDS pour mieux assurer leur défense et leur sécurité ;
- Prendre les dispositions adéquates pour mettre un terme aux attaques terroristes et aux enlèvements des paisibles citoyens ;
- Prendre des dispositions diligentes et idoines pour ramener toutes les personnes enlevées à N'Guéléwa et à Toumour ;
- Prendre des mesures appropriées en vue de mettre fin non seulement aux violations des droits humains dans les zones en proie à l'insécurité, mais aussi alléger les souffrances des populations sur le plan économique ;
- Prendre, en toute urgence, des dispositions utiles pour aider les populations victimes d'inondations partout dans la région ;
- Créer un cadre de concertation inclusif regroupant les élus nationaux et locaux, les administrateurs, la chefferie traditionnelle, les leaders d'opinion et religieux, les organisations de la société civile et les FDS;
- Reprendre les travaux de construction de la route Diffa – frontière Tchad (route du pétrole) en vue notamment d'accroître l'emploi des jeunes de la région ;
- Redynamiser les comités de paix à tous les niveaux ;
- Procéder à l'évaluation de l'état d'urgence sur le plan économique et social en vue d'atténuer les effets induits par son application ;
- Trouver des solutions durables pour prévenir des inondations causées de façon récurrente par le débordement des eaux de la Komadougou ;
- Superviser et coordonner les activités des humanitaires dans la région de Diffa.
Fait à Niamey, le 12 décembre 2018



